Suite aux révoltes urbaines à Grenoble, la dernière semaine de juillet, Nicolas Sarkozy s'est rendu en Isère pour introniser le préfet Le Douaron et mener sur place ce qu'il a qualifié de "guerre nationale" contre la délinquance. Cette annonce est le nouvel épisode de la guerre sociale que mène le patronat et l'ensemble de la bourgeoisie contre les classes populaires, classe à museler.
Le démantèlement rapide des campements illégaux et la multiplication des reconduites à la frontière de Roms, plus d'une quarantaine en deux semaines, reste dans la continuité du gouvernement de légaliser et banaliser une politique raciste de rafles et d'expulsions. Sur l'ensemble du territoire français, la police démantelé des campements « illégaux » dont leur seul tort est de se substituer au refus des municipalités d'accueillir les populations Roms dans des espaces normalement prévus par la loi.
Outre le fait que le gouvernement exacerbe à nouveau le racisme contre les minorités en surfant sur des arguments et une idéologie sécuritaire, cette annonce augure aussi de nouvelles attaques contre les enfants d'immigrés. En effet, Sarkozy a annoncé la possibilité d’étendre les peines plancher aux auteurs de violences. La nationalité française devrait pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait porté atteinte à un policier. Le chef de l’Etat ne fait alors que reprendre une idée évoquée dans le programme du Front National. En mettant en avant la "déchéance de nationalité" pour les français-e-s d'origine étrangère qui s'attaqueraient a un-e représentant-e des forces de l'ordre, l'état français, créant des lois d'exception, s'acharne a stigmatiser les français-e-s issu-e-s de l'immigration et les étranger-e-s résidant sur son sol.
Ainsi, en renforçant la précarité des immigrés, en multipliant les critères arbitraires pour obtenir des papiers et en créant des catégories d'immigrés, ce qui rend les droits des étrangers de plus en plus hétérogènes, le gouvernement soumet donc les étrangers aux exigences capitalistes en transformant l'immigration en un outil au service du patronat.
La bourgeoisie s'arme une nouvelle fois pour défendre ses intérêts de classe dominante en divisant notre camp par l'épouvantail sécuritaire et nationaliste. Et même si, dans cette annonce, l'ennemi intérieur prend la forme de l'immigré-e, il ne faut pas oublier qu'ils se manifestent aussi contre les syndicalistes et les travailleurs/euses en lutte, à travers un arsenal varié de mesures répressives.
Nous réaffirmons que c'est par l'unité populaire et la solidarité de classe dans la lutte que nous tiendrons en échec les attaques multiples des capitalistes et de leurs laquais gouvernementaux.
La Fédération Syndicale Etudiante soutiendra et relayera toutes les initiatives pour contrer les annonces et toutes les expulsions orchestrées par le gouvernement.
Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !
Contre la répression et le racisme, la solidarité est notre arme !




